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M. M. G. - 06470 Peone - « Il y a bien longtemps que je n'ai pas lu une lettre vigoureuse et courageuse. Je souhaiterais que tous, moi compris, qui partageons la foi catholique, soient aussi nets dans leurs opinions dès que les occasions de dire se présentent, et Dieu sait s'il en est !» |
Messieurs,
En 1995, une précédente commission d’enquête parlementaire sur les sectes, dont vous-même, M. Guyard, étiez le rapporteur, et dont vous-même, M. Brard, étiez vice-président, a qualifié de façon discriminatoire et persécutrice la Société française pour la défense de la Tradition, Famille et Propriété – TFP comme " secte pseudo-catholique " au motif ahurissant qu’elle lutte contre la pornographie, le socialisme et le communisme.
En réponse, la TFP a publié une étude sérieuse, au ton serein et aux arguments doctrinaux élevés, qui dénonçait la discrimination religieuse illégale dont la TFP était victime. Cette étude, Le Rapport Guyard à la lumière de la doctrine catholique et du droit français vous a été adressée ainsi qu’à un très grand nombre de parlementaires. Nous n’avons reçu aucune réponse de votre part, nos arguments et notre point de vue n’ont été pris en compte à aucun moment, ni avant, ni pendant, ni après.
Aucune rectification n’a pu être ajoutée au rapport parlementaire considéré comme intouchable, infaillible, impeccable. Le président de l’Assemblée nationale de l’époque, M. Séguin, en réponse aux protestations de Son Éminence le cardinal Bernardino Echeverria qui prenait la défense de la TFP, affirma : " L’existence de la commission d’enquête ayant cessé du fait même de la publication de son rapport, il n’entre désormais dans la compétence d’aucune autorité parlementaire d’apporter au contenu de ce rapport quelque modification que ce soit " (Cf. annexe III, p. 19).
Notre étude sereine d’une centaine de pages n’a pas mis un terme à votre entreprise néo-inquisitoriale. Dans la nouvelle commission d’enquête sur les sectes dont vous êtes, M. Guyard, le président et vous, M. Brard, le rapporteur, votre irresponsabilité légale vous permet de persister dans votre discrimination religieuse illégale à l’encontre de la TFP.
Voici donc en quelques pages ce que nous avons à dire, pour le moment, en réponse à votre courrier daté du 19 mars dernier, accompagné d’un questionnaire sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes. Nous demandons expressément que la présente réponse et ses annexes figurent en intégralité dans le rapport parlementaire qui sera rédigé ou, a minima dans ses annexes :
La TFP, au regard de l’État français, est une association déclarée selon la loi de 1901; au regard de l’Église catholique et du Droit canonique, la TFP se définit elle-même comme une association – librement constituée – de fidèles catholiques anticommunistes et antisocialistes; sa situation à l’intérieur de l’Église catholique ainsi que ses rapports avec le Pape et la hiérarchie sont parfaitement réguliers et suivent strictement les normes du droit de l’Église (canons 215, 225, 298, 299, 310).
La TFP, association de fidèles catholiques anticommunistes, n’est pas une secte. Elle n’est donc pas concernée par votre commission d’enquête parlementaire, ni par le questionnaire inquisitorial qu’elle a produit.
C’est précisément la fidélité de la TFP au magistère traditionnel de l’Église ainsi qu’à ses autorités, qui lui vaut d’être victime de campagnes de dénigrements menées entre autres, par la secte socialiste. C’est ce qu’a opportunément signalé son Éminence le cardinal Alfons Maria Stickler : " De telles campagnes diffamatoires, affirme le prélat romain, ont touché en ce siècle bien d’autres associations catholiques, qu’on a voulu diaboliser au moyen de l’étiquette "secte". Il est intéressant de relever que ces campagnes se font d’autant plus agressives qu’est grande la fidélité catholique de l’association incriminée " (Cf. préface de la biographie de feu le professeur Plinio Corrêa de Oliveira, fondateur de la TFP brésilienne et inspirateur des autres TFP, annexe I).
Le fait de figurer dans la liste du rapport Guyard, en tant que " secte pseudo-catholique ", ne nous exclut en rien de l’Église ! Cette prétention ahurissante, de la part d’une commission d’enquête parlementaire, d’un état qui se veut laïc, de décider qui serait catholique ou qui serait pseudo-catholique, a suscité, en ce qui concerne la TFP, la réaction très ferme du cardinal Bernardino Echeverria.
Dans une lettre datée du 6 février 1996, adressée au président de l’Assemblée nationale de l’époque, Monsieur Philippe Séguin, son Éminence le cardinal Echeverria affirme : " J’ai eu l’occasion de connaître personnellement de nombreux membres et dirigeants de plusieurs TFP, et apprécier ainsi leur fidélité à la doctrine et aux pratiques de l’Église catholique. C’est cette fidélité même qui leur a parfois valu de subir des persécutions de la part de leurs adversaires idéologiques – les socialistes ouvertement marxistes ou encore quelques brebis égarées par la prétendue théologie de la libération. Une des formes prises par cette persécution est précisément la diffusion de calomnies à travers les médias, et notamment celle de secte dont le rapport en question se fait l’écho. (...)
" De quel droit, en effet, la commission parlementaire en question qualifie de "secte pseudo-catholique" un mouvement qui n’a jamais reçu la moindre sanction canonique et dont plusieurs ouvrages écrits par son fondateur ont mérité les éloges du Saint-Siège ? C’est pourquoi je me sens dans l’obligation de vous demander de prendre les mesures nécessaires pour que cette grave et injuste atteinte à l’honneur d’une association de fidèles basée sur le magistère catholique telle que la TFP française soit promptement rectifiée et que le président de cette commission ait à rétablir la vérité (...) ". (cf. annexe II).
Les évêques français ont eux-mêmes pris leurs distances vis-à-vis du rapport Guyard et de la liste des " mouvements sectaires " ; ils ont déclaré à son propos : " la liste proposée par le rapport est insuffisamment fiable parce qu’insuffisamment informée, et a suscité dans certains cas les protestations vigoureuses de nombreuses autorités morales, civiles et religieuses, et de la majorité des experts en sciences humaines reconnues par la communauté scientifique internationale " (Cf. La Documentation catholique, numéro 2138, page 490).
De plus, les tribunaux ont été amenés, au moins dans un cas particulier, à constater l’arbitraire de la liste des " mouvements sectaires ". En effet, le parquet du tribunal de Rennes, après " de nombreuses investigations du magistrat-instructeur ", a constaté " l’absence de fondements objectifs " ayant conduit à l’inscription de l’association " L’arbre au milieu " dans la liste des sectes. Après le jugement du tribunal, Monsieur Guyard lui-même a dû avouer que " L’arbre au milieu fait partie des mouvements qu’on n’aurait pas dû mettre dans la liste parce que manifestement ce n’est pas une secte " (cf. Libération, 24-25/10/98). Dans le même sens, Monsieur Alain Vivien, président de la mission interministérielle de lutte contre les sectes, a dû lui aussi reconnaître, lors d’un débat radiophonique, que " deux ou trois erreurs avaient été commises " dans le rapport parlementaire en question (cf. Le Monde, 26/11/98).
De plus, le rapport Guyard est tellement bâclé que, comme l’a justement fait remarquer le journaliste François Devinat, dans un article de Libération du 9 février 1996, les auteurs ont mystérieusement oublié de mentionner l’Ordre du Temple Solaire parmi les mouvements dangereux !
De plus, le manque de sérieux qui a présidé à l’établissement de la liste des mouvements sectaires dangereux, est attesté par la façon dont a été préparé le rapport de police lui ayant servi de base : " Les RG, sur la question, n’avaient pas grand-chose, signale un ancien commissaire des renseignements généraux. En catastrophe, il a fallu fabriquer un rapport. Un fonctionnaire s’est chargé de compiler les travaux faits par d’autres, notamment par les gendarmes (...) Le rapport des RG sur les sectes a ensuite inondé toutes les rédactions comme un document de référence " (cf. Patrick Rougelet, " RG, la machine à scandales ", Albin Michel).
Malgré le manque de sérieux du Rapport Guyard et de sa liste des sectes, celle-ci prétend s’imposer à tous, médias, police, tribunaux, comme une " vérité révélée " à caractère infaillible... cette liste " infaillible " serait-elle donc une manifestation de césaro-papisme, émanerait-elle d’une secte ou bien serait-ce une nouvelle religion ?
Du point de vue de la doctrine de l’Église catholique, le socialisme, le communisme et la franc-maçonnerie sont des sectes ; l’Église catholique condamne sévèrement toute collaboration avec ces sectes ; le socialisme et le communisme sont aussi des sectes du point de vue sociologique et même d’après les " critères " du Rapport Guyard. La TFP, association de fidèles catholiques anticommunistes, constate que des députés adeptes de ces sectes sont précisément ceux qui dirigent les commissions d’enquête parlementaire sur les sectes ; la TFP suggère quelques mesures pour lutter contre l’influence de ces sectes.
Dès leur apparition, et tout au long de son histoire, l’Église a toujours taxé de sectes la franc-maçonnerie, le socialisme et le communisme. De très nombreux documents pontificaux le montrent; à titre d’exemple nous pouvons rappeler :
– Le pape Léon XIII, dans son encyclique " Quod apostolici muneris " du 28 décembre 1878, intitulée " De socialistarum sectis " qui se traduit littéralement par " Au sujet des sectes socialistes ", dénonce " ces hommes sectaires qui, avec des noms différents et presque barbares, s’appellent socialistes, communistes et nihilistes ".
– Le pape Pie XI, dans sa fameuse encyclique " Quadragesimo anno ", du 15 mai 1931, met en garde : " Que personne ne pense que les sectes ou factions socialistes qui ne sont pas communistes " aient vraiment renoncé à la lutte de classe et à l’abolition de la propriété privée.
– Quant à la franc-maçonnerie, et toujours à simple titre d’exemple, le pape Léon XIII, dans son encyclique " Parvenu à la vingt-cinquième année ", déclarait : " Œuvre pernicieuse et déloyale dans la poursuite de laquelle va, précédant toutes les autres, une secte ténébreuse que la société porte depuis de longues années dans ses flancs et qui, comme un germe mortel, y contamine le bien-être, la fécondité et la vie. Personnification permanente de la révolution, elle constitue une sorte de société retournée dont le but est d’exercer une suzeraineté occulte sur la société reconnue et dont la raison d’être consiste entièrement dans la guerre à faire à Dieu et à son Église. Il n’est pas besoin de la nommer, car, à ces traits, tout le monde a reconnu la franc-maçonnerie.(...) Cette secte est parvenue à s’infiltrer dans toutes les classes de la société. Elle forme comme un état invisible et irresponsable dans l’état légitime ".
– " Socialisme religieux, socialisme chrétien disent quelque chose de contradictoire : personne ne peut être à la fois catholique authentique et socialiste au sens propre du terme. (Pie XI, encyclique " Quadragesimo anno ").
– " Le communisme est intrinsèquement pervers " (Pie XI, encyclique " Divini Redemptoris ").
– " Question : est-il permis d’adhérer au parti communiste ou de le favoriser en quelque manière ? Réponse – Non : le communisme est en effet matérialiste et anti-chrétien ; bien que les chefs communistes déclarent parfois en paroles qu’ils n’attaquent pas la religion, ils montrent en fait, soit par la doctrine, soit par les actes, qu’ils sont hostiles à Dieu, à la vraie religion et à l’Église du Christ. (...) Question : Des fidèles chrétiens qui professent la doctrine matérialiste et anti-chrétienne des communistes, et surtout ceux qui la défendent ou la propagent, encourent-ils par le fait même, comme apostats de la foi catholique, l’excommunication spécialement réservée au Siège apostolique ? Réponse : Oui. " (Décret du Saint-Office du 28 juin 1949, réponses confirmées par le pape Pie XII le 30 juin 1949).
– " Le souverain pontife rappelle qu’entre le communisme et le christianisme l’opposition est fondamentale. Il ajoute que les catholiques ne peuvent en aucune façon adhérer aux théories des socialistes, malgré l’apparence de leur position plus modérée. Car, en enfermant l’ordre social dans les horizons temporels, ils ne lui assignent d’autre objectif que le bien-être terrestre ; de plus, faisant de la production des biens matériels la fin de la société, ils limitent indûment la liberté humaine; ils leur manquent enfin une vraie conception de l’autorité dans la société ". (Jean XXIII, encyclique " Mater et Magistra ", 15 mai 1961).
– " Personne ne doit penser qu’il lui est permis pour quelque raison que ce soit d’adhérer à la secte des maçons si la profession de foi catholique et son salut ont pour lui la valeur qu’ils doivent avoir ". (Léon XIII encyclique " Humanum genus ", 20 avril 1884).
– " Le jugement négatif de l’Église sur la franc-maçonnerie demeure donc inchangé parce que ses principes ont toujours été considérés comme incompatibles avec la doctrine de l’église; c’est pourquoi il reste interdit par l’Église de s’y inscrire. Les catholiques qui font partie de la franc-maçonnerie sont en état de péché grave et ne peuvent approcher de la Sainte Communion ". (Déclaration de la Sacrée congrégation pour la doctrine de la Foi du 26 novembre 1983).
Le socialisme et le communisme se définissent eux-mêmes comme une utopie. Cette utopie matérialiste se résume ainsi : lorsque l’humanité aura instauré l’égalité totale et absolue entre chaque être humain, ceux-ci seront entièrement libres et parfaitement heureux. Pour atteindre ce paradis utopique, la nature humaine elle-même devra se transformer au moyen d’un saut qualitatif brusque.
S’efforcer sans relâche d’atteindre un objectif que l’on reconnaît soi-même comme étant une utopie est la définition du fanatisme sectaire. C’est la caractéristique sociologique des sectes qui dirigent aujourd’hui la République française.
Le rapport Guyard présentait dix " indices " et un préalable pour reconnaître une secte, précisant qu’un seul indice était suffisant pour " permettre de supposer l’éventuelle réalité des soupçons ". En suivant ces critères, le socialisme et le communisme sont forcément des sectes dangereuses.
– Le préalable est le soupçon : il suffit qu’un mouvement ait été soupçonné une fois " à un moment ou un autre " de son existence pour qu’il puisse être classé comme secte. Comme on l’a vu plus haut, le socialisme et le communisme sont déclarés " secte " par les documents pontificaux depuis plus de 150 ans. Il s’agit donc plus que d’un soupçon. Ce seul " préalable " devrait déjà être suffisant ; de plus, la majorité des " indices " du Rapport Guyard s’applique aux sectes socialiste et communiste.
– Mise en pratique de la déstabilisation mentale : à travers la propagande politique, la secte socialiste pratique la déstabilisation mentale à grande échelle, dans le but de conquérir le pouvoir. L’exemple le plus fameux est sans doute celui de F. Mitterrand, qui se fit élire Président de la République en 1981 après avoir réussi à faire croire aux électeurs qu’il était capable de " changer la vie " !
– Embrigadement des enfants : le programme socialiste pour la France des années 80 préconisait déjà que les enfants à partir de deux ans soient confiés au système " éducatif " de l’État, afin d’assurer leur " socialisation ". Ce vieux rêve de la secte socialiste n’est toujours pas abandonné.
– Atteintes à l’intégrité physique : au nom du socialisme et du communisme des dizaines de millions de personnes sont mortes, dans le monde entier, de 1917 à nos jours. Aujourd’hui encore, en Chine, à Cuba, en Corée du Nord, la " construction du socialisme " se fait au moyen de la torture, de la prison, des " camps de rééducation par le travail ", de la mort.
– Troubles à l’ordre public : dès qu’elles le décident, les sectes socialistes et communistes, au moyen de leur emprise sur les syndicats, déclenchent la paralysie du pays tout entier, à l’occasion de grèves ; en France, la dernière de cette importance date de 1995.
– Discours antisocial : l’idéologie communiste est par nature antisociale, comme il apparaît dans l’enseignement des Papes évoqué plus haut.
– Démêlés judiciaires : financements illicites, fraudes électorales, trafics d’influences, écoutes de l’Elysée, enrichissements personnels, abus de biens sociaux, les affaires, les affaires...
– Détournement des circuits économiques : faut-il vraiment faire une liste ? Urba, Sages, Pechiney-Triangle, Carrefour du Développement, Vibrachoc, Elf, Française des Jeux... etc.
– Infiltration des pouvoirs publics : les socialistes et les communistes ont tellement infiltré les pouvoirs publics qu’ils sont au gouvernement et dirigent actuellement une commission d’enquête parlementaire : c’est donc la preuve, toujours selon les judicieux "indices" du Rapport Guyard, que socialisme et communisme sont des sectes dangereuses. Quant à la franc-maçonnerie citons simplement la déclaration récente du sénateur Bernard Plasait, rapportée par le Figaro-Magazine du 24/10/98 : "Certaines obédiences investissent sur un ou plusieurs individus chargés d’infiltrer les allées du pouvoir, dont elles font la carrière. Un travail de longue haleine, qui peut durer des années. Voyez le cas de Poncelet ! "
La TFP apporte quelques suggestions à la commission d’enquête parlementaire, afin de lutter contre l’influence dangereuse des sectes indiquées ci-dessus :
– Adresser le questionnaire sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes à la secte socialiste et à son ancien trésorier et repris de justice H. Emmanuelli, ainsi qu’à la secte communiste et aux différentes obédiences maçonniques tel que le Grand Orient de France.
– Mettre en évidence les appartenances croisées de nombreuses personnalités appartenant à la secte socialiste, à la secte maçonnique et à la population des prévenus, mis en examen et condamnés définitifs, depuis 1994, pour des délits financiers.
– Faire figurer dans le rapport parlementaire sur la situation financière des sectes, la liste des personnages connus ayant infiltrés les rouages de l’État et étant soupçonnés ou reconnus coupables par la Justice de graves délits, notamment en matière économique et financière. Cette mesure serait de nature à éclairer l’électorat sur les agissements sectaires de certains de ceux qui nous gouvernent.
Dans son étude " Le Rapport Guyard à la lumière de la doctrine catholique et du droit français " (annexe III), la TFP a dénoncé le caractère essentiellement anti-catholique des critères retenus par la secte socialiste au pouvoir qui prétend combattre les autres sectes.
Des personnalités ecclésiastiques expriment les mêmes craintes. Ainsi, Mgr Jean Vernette, délégué de l’épiscopat français pour les questions concernant les sectes et les nouvelles croyances a déclaré :
" Il me vient une certaine inquiétude. Dans la mouvance d’un anti-cléricalisme résurgeant en France, on utilise le problème sectaire comme fusée porteuse d’une mise en cause des religions. Et pour certains, on assimile les vœux religieux à des pratiques sectaires.(...) Il ne faut pas être naïf. D’autres intentions cachées pourraient aussi animer la lutte anti-sectes " (cf. La Croix, 8 octobre 1998).
Ces " intentions cachées ", que Mgr Vernette redoute, ne le sont pas tant que cela. Il s’agit toujours, depuis plus d’un siècle, de la conception même de la laïcité. En aucun cas celle-ci ne peut être confondue avec une prétendue " neutralité " de l’État. En France, la laïcité est née comme un combat ouvert contre l’Église catholique et contre l’influence des catholiques dans la société.
En 1906, le député René Viviani prononça un discours à l’Assemblée qui fut ensuite affiché, sur ordre de cette dernière, dans tous les lieux publics ; le sectarisme anti-catholique s’exprimait alors ainsi : " Tous ensemble, par nos pères, par nos aînés, par nous-mêmes, nous nous sommes attachés dans le passé à une œuvre d’irréligion. Nous avons arraché les consciences humaines à la croyance. Lorsqu’un misérable, fatigué du poids du jour, ployait les genoux, nous l’avons relevé, nous lui avons dit que derrière les nuages il n’y avait que des chimères. Ensemble et d’un geste magnifique, nous avons éteint dans le ciel des lumières qu’on ne rallumera plus ".
Ce combat contre l’influence des catholiques dans la société continue aujourd’hui sous le masque de la lutte anti-secte.
C’est l’immense marché de dupes de la laïcité : pour éviter les persécutions incessantes, les catholiques se sont successivement ralliés à la république, puis ils ont peu à peu accepté de " rentrer dans les sacristies ", de ne plus faire état des principes catholiques dans leur vie publique, même lorsqu’ils étaient élus. Les plus égarés d’entre eux, sont allés jusqu’à faire élire F. Mitterrand en 1981, lequel ne serait jamais arrivé à ses fins sans les voix des catholiques de gauche.
Aujourd’hui cela ne suffit plus. Les commissions parlementaires d’enquête sur les sectes préparent le climat émotionnel et les textes législatifs qui permettront sous peu de reprendre les persécutions ouvertes : ordres religieux, associations érigées canoniquement, associations de fidèles catholiques librement constituées, tous ceux qui marquent trop par leur présence et qui affirment leurs idées catholiques seront dans les prochaines charrettes.
En ce qui concerne la TFP, les motifs invoqués sont très clairs : la TFP est taxée de " pseudo-catholique " dans le Rapport Guyard parce qu’elle défend les principes de la civilisation chrétienne et qu’elle entend lutter contre le socialisme et le communisme !
La Société française pour la défense de la Tradition, Famille et Propriété – TFP est une association de fidèles catholiques ; ce n’est pas une secte.
Le socialisme, le communisme, la franc-maçonnerie, qui dirigent la commission parlementaire d’enquête sur les sectes, sont des sectes dangereuses. Elles combattent l’Église catholique et ses membres.
Parce que nous sommes des catholiques anticommunistes et parce que vous êtes une secte anti-catholique vous cherchez à nous persécuter.
Vos " grands ancêtres " vous regardent : Néron et Dioclétien qui jetaient les chrétiens aux fauves ; Voltaire le ricaneur qui signait " écrasons l’infâme " ; Marat le scrofuleux, Carrier qui noyait si bien, et les septembriseurs, et Turot l’infernal ; vos amis de la Commune qui fusillaient prêtres et religieuses ; votre camarade Djerzinsky et le petit père Staline ; les rouges d’Espagne et du Mexique, assoiffés de sang ; et le gentil étudiant parisien Pol-Pot; et votre penseur Sartre, au regard si doux, qui traitait les anticommunistes de chiens ; et tous ceux qui envoyèrent les catholiques au Goulag ou en hôpital psychiatrique ; et tous ceux qui les envoient au Laogaï chinois ou dans les prisons cubaines ; et votre gourou Mitterrand ; vous pouvez essayer de les imiter, mais saurez-vous être aussi efficace dans votre tentative de détruire les restes de la civilisation chrétienne ? Courage camarade Brard, courage frère Guyard, l’utopie est loin devant.
Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations distinguées.
Société
française pour la défense de la Tradition,
Famille
et Propriété
– TFP –
Paris, le 12 avril 1999