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En mars 2003 la « Pastorale des sectes » du diocèse de Lyon publie une note véhiculant de nombreuses erreurs sur la TFP. Une lettre est adressée à Mgr Barbarin dans un esprit de dialogue et d'ouverture. Plus de deux ans après, l'Archevêché de Lyon continue de désinformer les fidèles sur la TFP. Que doit-on penser d'une accusation qui pour se soutenir est obligée de faire silence sur la réponse de la défense ? Feindre d'ignorer la défense de quelqu'un que l'on accuse, revient à reconnaître que l'accusation ne tient pas.
Mais est-ce bien chrétien ? Pour la première fois, vous pouvez lire la lettre envoyée à Mgr Barbarin par la TFP. Et découvrir comment le souhait d'un Cardinal n'a pas été suivi...
Paris, le 23 juillet 2003
A son Excellence
Monseigneur Philippe Barbarin
Archevêque de Lyon et Primat des Gaules
1, place Fourvière
69005 Lyon
« Je souhaite que le dialogue se poursuive,
en dehors de la polémique publique »
Cardinal Decourtray à la TFP.
Monseigneur,
C’est avec tristesse et une certaine surprise que j’ai pris connaissance de « l’étude » réalisée par la Pastorale Sectes et nouvelles croyances du diocèse de Lyon qui met en cause la TFP ainsi que l’association amie Avenir de la Culture.
Cette « brève étude », datée de mars 2003, prétend « préciser » les « buts, l’esprit qui l’anime » et les « méthodes » de ce mouvement de laïcs catholiques. Cette « étude » a été publiée par le bulletin diocésain de Metz (juin 2003) et je ne doute pas qu’elle le sera par d’autres publications à travers la France. Il ne s’agit donc pas de fiches à usage restreint.
Dans un esprit de dialogue et d’ouverture, je souhaite rectifier les nombreuses erreurs que véhicule cette « étude » et je déplore cette nouvelle tentative, fort peu chrétienne et en rien canonique, de jeter le discrédit sur la Société française pour la défense de la Tradition, Famille et Propriété, en donnant l’impression que nous ne serions pas catholiques.
L’accumulation d’affirmations dénuées de réalité et d’appréciations unilatérales qui se trouve dans ce document rend difficile sa qualification comme « étude ». Il est toujours surprenant et douloureux de constater le refus de dialogue et l’exclusion, sans aucun motif, de catholiques fidèles à l’Eglise, à une époque où l’on pratique une si grande ouverture, même avec des secteurs d’opinion ouvertement anticatholique.
Avant de fournir, une nouvelle fois, la réponse sereine à chacun des points abordés, la TFP note d’abord avec tristesse que les auteurs de cette « étude » :
– s’abstiennent de mentionner les nombreuses réponses déjà fournies par la TFP,
– ne se sont jamais adressés à elle pour lui demander si elle avait quelque chose à dire pour sa défense,
– et l’excluent ainsi de l’Eglise catholique sans autre forme de procès.
En septembre 1989, le bulletin diocésain « Eglise à Lyon » avait dû publier un droit de réponse de la TFP dans lequel nous déplorions déjà ce « procédé d’exception » et nous rappelions :
« Notre-Seigneur lui-même dans l’Evangile ordonne aux disciples de procéder à deux entretiens préalables, avant de blâmer un fidèle devant l’Eglise » (cf. Mt XVIII, 15-17).
A la suite de nos « droits de réponse », le regretté Cardinal Decourtray, prédécesseur de Votre Excellence et alors Président de la Conférence des évêques de France, nous avait adressé un encourageant mot manuscrit dans lequel il déclarait : « Je souhaite que le dialogue se poursuive, en dehors de la polémique publique ». On voit combien ce souhait plein de sagesse du Cardinal Decourtray est peu suivi d’effet.
La Sainte Inquisition, dont il est permis de supposer que la Pastorale Sectes et nouvelles croyances réprouve certains excès, était beaucoup plus équitable avec les hérétiques, les accusant en s’appuyant sur des preuves écrites et leur donnant la possibilité de se défendre. La TFP serait-elle plus mauvaise que les hérétiques et la Pastorale des sectes plus féroce que la Sainte Inquisition ?
En effet « l’étude » de la Pastorale des sectes n’a trouvé aucun document de la TFP qu’elle puisse citer pour prouver la thèse qu’elle avance. Elle s’appuie sur des articles de journaux hostiles à notre action mais ignore nos réponses. Elle va plus loin puisqu’elle ne recule pas devant l’invention pure et simple et l’omission de données qui démentent sa thèse. En un mot, « l’étude » évite d’appliquer le principe élémentaire d’équité « Audiatur et altera pars », que soit entendue l’autre partie. Comme le dit « l’étude » : « ce procédé à lui seul juge celui qui l'utilise ».
« L’étude » attribue à tort le concept de « Royaume de Marie » au Professeur Plinio Corrêa de Oliveira et affirme que son livre « Révolution et Contre-Révolution » en donne une définition. Or, le « Royaume de Marie » ne se trouve mentionné nulle part dans le livre « Révolution et Contre Révolution ». Mais s’il y était, où serait le problème ?
Le « Royaume de Marie », qui inquiète si fort la Pastorale des sectes, est un concept développé par saint Louis-Marie Grignion de Montfort dans ses écrits dont nous recommandons aux auteurs de « l’étude » la lecture. C’est de ce grand saint marial que Jean-Paul II a tiré la devise de son pontificat « Totus tuus ». Pourquoi donc la Pastorale des sectes attribue-t-elle l’expression « Royaume de Marie » au professeur Plinio Corrêa de Oliveira et pourquoi s’en offusque-t-elle ? Est-ce de l’ignorance ? En tout cas un simple contact préalable avec nous aurait permis d’éviter cette erreur.
Par ailleurs, la citation exacte du livre « Révolution et Contre-Révolution » tronquée par « l’étude » est : « Si la Révolution est le désordre, la Contre-Révolution est la restauration de l'ordre. Et par ordre, nous entendons la paix du Christ dans le règne du Christ, c'est-à-dire la civilisation chrétienne, austère et hiérarchique, fondamentalement sacrale, antiégalitaire et antilibérale » (RCR, IIe partie, chap. II, 1).
Si la Pastorale des sectes se donnait la peine de préciser ce qui la gêne dans cette phrase, il serait facile de lui fournir les textes pontificaux qui en sont le fondement et de lui montrer qu’elle est bien orthodoxe.
Pour « l’étude » de la Pastorale des sectes, la TFP a une grande tare originelle : « c’est une organisation sud-américaine ». Cette formulation, en plus d’être erronée, paraît employée pour susciter chez le lecteur un éventuel sentiment de xénophobie : nous ne serions pas vraiment catholiques et en tout cas... même pas Français !
Il est surprenant de voir l’argument de l’origine nationale (réelle ou supposée) servir de motif à une mise en garde.
Si la première TFP a bien été créée au Brésil, pays de la plus grande population catholique au monde, ce dont la TFP française est fière, il n’y a rien d’infamant à cela. Ceci dit, la TFP française est une association française qui agit en France où elle est légalement déclarée depuis 1975. Ce faux grief est choquant, surtout sous la plume d’un ecclésiastique.
Votre Excellence peut rappeler aux responsables de la Pastorale des sectes ce passage de Lumen Gentium : "Il n'existe donc pas d'inégalité dans le Christ et dans l'Église en raison de la race ou de la nation" (LG, 32).
Mais nous aimerions connaître, si possible par écrit, la raison qui amène la Pastorale des sectes à mentionner une origine nationale (réelle ou supposée) dans le cadre d’une mise en garde. Nous comptons sur Votre Excellence pour nous éclairer là-dessus.
Le rapport parlementaire sur les sectes est cité par « l’étude » de la Pastorale des sectes... qui, une fois de plus, s’abstient de mentionner nos réponses à la Commission, la lettre de soutien de feu le cardinal Etcheverria au Président de l’Assemblée dans laquelle il prend la défense de la TFP, ainsi que la déclaration des évêques de France qui ont pris leurs distances vis-à-vis du rapport parlementaire publié en janvier 1996 en déclarant : "La liste proposée par le Rapport est insuffisamment fiable parce qu'insuffisamment informée, et a suscité dans certains cas les protestations vigoureuses de nombreuses autorités morales, civiles et religieuses, et de la majorité des experts en sciences humaines reconnus par la communauté scientifique internationale" (La Documentation catholique, No. 2138, p. 490).
On notera de plus que ce que l’on reproche à la TFP dans ce rapport parlementaire, et dans celui de 1999, tous deux dénués d’effet juridique, ce sont les campagnes de la TFP "contre la pornographie, le socialisme et le communisme" et le fait de diffuser "un message à caractère religieux relatif à la Vierge Marie". On ne voit pas ce qu’il y a de répréhensible là-dedans, ni du point de vue de l’Assemblée nationale d’un état qui se prétend laïc, ni de la part de la Pastorale des sectes.
Votre Excellence pourra aussi rappeler à la Pastorale des sectes que derrière ces rapports parlementaires se profile l’intention de mettre en place une politique de persécution de tous les mouvements de catholiques qui agissent dans la société. Feu Mgr Jean Vernette, alors délégué de l’épiscopat pour les questions concernant les sectes, déclarait :
« Dans la mouvance d'un anti-cléricalisme résurgeant en France, on utilise le problème sectaire comme fusée porteuse d'une mise en cause des religions. Et pour certains, on assimile les vœux religieux à des pratiques sectaires.(...) Il ne faut pas être naïf. D'autres intentions cachées pourraient aussi animer la lutte anti-sectes » (cf. "La Croix", 8 octobre 1998).
Comme Votre Excellence le sait bien, la TFP n’a rien d’une secte. Et elle n’a jamais été l’objet de la moindre peine ou sanction ecclésiastique.
Contrairement à ce qu’affirme « l’étude », sans présenter la moindre preuve, la TFP n’a aucune pratique ésotérique, ne professe aucun millénarisme apocalyptique et le respect qu’elle a pour son fondateur est conforme à la pratique chrétienne universelle et bi-millénaire.
Comment se fait-il que cette « étude » ne trouve pas deux lignes réellement extraites de publications de la TFP, qui prouverait par exemple l’accusation injuste de « millénarisme apocalyptique » ? – Tout simplement parce qu’il n’y en a pas.
Nous serions heureux que Votre Excellence nous dise ce que l’on doit penser de tels procédés.
« L’étude » déclare ensuite que « la TFP s'affirme catholique mais cultive son indépendance par rapport à l'Eglise ». Cette formulation est fausse et ignore les dispositions du droit de l’Eglise :
– La situation canonique de la TFP est régulière et suit les normes du droit de l'Église. Comme celui-ci le prévoit, et comme il est légitime de le faire, elle n’a pas choisi de solliciter une reconnaissance officielle de la part d'un Ordinaire. Le Droit canon stipule que « tous les fidèles ont le devoir et le droit de travailler à ce que le message divin du salut atteigne sans cesse davantage tous les hommes de tous les temps et de tout l’univers »(can. 211); pour cela il prévoit que « les fidèles ont la liberté de fonder et de diriger librement des associations ayant pour but la charité ou la piété, ou encore destinées à promouvoir la vocation chrétienne dans le monde, ainsi que de se réunir afin de poursuivre ensemble ces mêmes fins » (can. 215). Et de préciser encore : « les laïcs sont tenus par l’obligation générale et jouissent du droit, individuellement ou groupés en associations, de travailler à ce que le message divin du salut soit connu et reçu par tous les hommes et par toute la terre ; cette obligation est encore plus pressante lorsque ce n’est que par eux que les hommes peuvent entendre l’Évangile et connaître le Christ » (can. 225-1) ; « chacun selon sa propre condition, ils sont aussi tenus au devoir particulier d’imprégner d’esprit évangélique et de parfaire l’ordre temporel » (can. 225-2).
La TFP est une association civile, composée par de simples laïcs catholiques. Ses buts, exprimés dans ses statuts, s’encadrent donc bien dans ce qui est prévu et recommandé par l’Eglise pour les associations de laïcs. Nous déclarons en outre ici que la TFP est disposée, comme elle l’a toujours été, à accueillir la vigilance de la Sainte Hiérarchie en ce qui concerne la foi et les moeurs.
– Si Votre Excellence a quelque chose à nous reprocher dans ces domaines, ce qui n’apparaît pas dans « l’étude », nous serions très désireux d’en prendre connaissance.
Ensuite « l’étude » fait une rapide référence à une note de la Conférence des évêques du Brésil (CNBB) – en se trompant sur la date : elle a été publiée le 20 avril 1985 et non pas le 18 mai – semblant lui attribuer la valeur d’un jugement canonique ce qu’elle est à l’opposé d’avoir. Là encore « l’étude » ignore la réponse de la TFP, publiée le lendemain même par voie de presse :
« La TFP a eu du mal à croire que le texte de la note de la CNBB (...) exprimait réellement la pensée de l’illustre institution épiscopale. Tant il y a, dans le texte, une accumulation d’affirmations dénuées de réalité et d’appréciations unilatérales et passionnées.
« La TFP ne renonce pas à l’éventualité de faire une analyse plus détaillée de la déclaration de la CNBB. Si elle le fait, ce sera, cependant, fidèle à son immuable tradition, c’est à dire en rendant à l’Autorité ecclésiastique tout le respect et l’obéissance demandés par le Droit Canon, pour les institutions civiques d’inspiration catholique.
« Dès maintenant la TFP affirme être, comme elle l’a toujours été, disposée à accueillir la vigilance de la Sainte Hiérarchie en ce qui concerne la foi et les moeurs.
« Si la CNBB considère que la TFP a émis un concept hétérodoxe, ou a pratiqué une seule action que ce soit, dans la ligne du communiqué d’hier, qu’elle veuille bien spécifier lequel : la TFP, sans aucun doute, acceptera la remarque du moment que sera prouvée la réalité de l’erreur ou le caractère illicite de l’action imputée.
« Cependant, par un impératif de justice, elle ne peut accepter comme valables des accusations vagues et génériques comme celles – si graves – du texte de la CNBB. Il est indispensable de spécifier les faits et de montrer les preuves.
« La TFP attend donc avec la conscience absolument tranquille l’énumération de ces faits et de ces preuves. Elle est, de plus, disposée à défendre son honneur devant l’opinion publique, dans toute la mesure légitime et nécessaire. Et cela même lorsque – oh douleur – cette défense devrait s’exercer envers des Pasteurs sacrés. »
Depuis plus de dix-huit ans, la TFP attend toujours la réponse; et nous constatons que la même méthode, fort peu canonique et fort peu chrétienne, de lancer de graves accusations sans preuves et sans nous donner le droit de nous défendre, est toujours en vigueur.
Votre Excellence remarquera aussi que cette note de la conférence des évêques du Brésil ne reposait que sur cette simple indication : « selon les informations qui circulent [dans la presse] »; or les informations étaient fausses ! « Condamner » un mouvement de catholiques de cette façon serait surprenant. C’est sans doute pourquoi aujourd’hui un texte comme celui de la Pastorale des nouvelles sectes et des croyances n’affirme pas directement mais insinue : c’est plus habile...
Ce ne sont que des détails mais l’accumulation d’erreurs et d’imprécisions, même dans des informations banales, montre à quel point cette prétendue « étude » est mal informée : depuis de nombreuses années, le siège social de la TFP n’est pas à Asnières mais à Paris, 12 avenue de Lowendal dans le 7e arrondissement. Par contre, à sa création, les statuts ont été déposés à la préfecture de Nanterre et non à celle de Paris.
Après avoir attribué à tort la définition du « Royaume de Marie » au livre Révolution et Contre-Révolution qui date de 1959, « l’étude » écrit : « C’est pour réaliser ce programme qu’il fonde la ligue électorale catholique »... qui est de 1932 ! Laquelle n’a pas été fondée par le Professeur Plinio Corrêa de Oliveira mais par le cardinal archevêque de Rio de Janeiro, Mgr Sébastien Leme, sur une idée du professeur de Oliveira. Quant à l’hebdomadaire « Legionario », « l’étude » omet de dire qu’il s’agissait de la publication officieuse du diocèse de Sao Paulo.
« L’étude » s’inquiète de l’utilisation de l’envoi de courrier et de la demande de dons qui l’accompagne mais s’abstient de préciser où serait le problème selon elle.
De très nombreuses associations font de même, ainsi que des institutions dépendant directement de l’Eglise. Si Votre Excellence le souhaite, je pourrais même lui faire parvenir une copie de certains de ces « mailings » sollicitant des dons pour des institutions d’Eglise, signés par un évêque auxiliaire de Paris qui était assez médiatisé il y a quelques années.
La TFP ne mène ses campagnes que grâce au soutien de ses donateurs. Chacun donne ce qu’il veut. La TFP agit en cela comme tant d’autres institutions il n’y a pas de quoi lui en faire grief, tout comme il serait ridicule de s’offusquer de la quête du dimanche (toutes les semaines) et des troncs dans les églises.
La même méthode ne pouvant être bonne pour les uns et immorale pour nous, il ne me reste qu’à supposer que certains y voient une sorte de concurrence et donc un « manque à gagner » ! Ce qui est bien différent d’un problème doctrinal concernant la foi ou les moeurs.
Il est pour le moins étonnant que des membres de la Sainte Hiérarchie prennent ainsi la défense du porte-monnaie des fidèles, comme si ceux-ci étaient incapables d’administrer leurs finances par eux-mêmes. Le rôle des pasteurs serait plutôt de signaler ce qu’il pourrait y avoir contre la foi ou la morale dans la campagne de la TFP. Je note avec satisfaction qu’il n’en est rien.
« L’étude » n’hésite pas non plus à reprendre l’accusation infondée de « détournement » de la Médaille miraculeuse, laissant croire au lecteur que la TFP détournerait de l’argent qui aurait dû aller dans d’autres caisses.
Or, comme Votre Excellence le sait, il n’y a aucun détournement de la Médaille miraculeuse qui n’est la propriété de personne. Elle est partout diffusée en France : dans des librairies catholiques, des boutiques d’art religieux et de nombreuses bijouteries. Elle est fabriquée dans le monde entier, à des milliards d’exemplaires et sa diffusion est libre. Grâce au soutien de ses donateurs la TFP a déjà diffusé plus d’un million de Médailles gratuitement. Les innombrables témoignages de satisfaction de ceux qui la reçoivent montrent bien l’utilité de cette campagne.
– Si Votre Excellence n’y voit pas d’inconvénient, la TFP peut fournir gratuitement à la Pastorale des sectes autant de Médailles qu’elle pourra en distribuer aux pauvres victimes de sectes dans son diocèse. Cela sera un travail plus utile et plus efficace pour ramener les âmes à Dieu que de répandre des fiches calomnieuses sur notre association.
Comme Votre Excellence l’aura remarqué, « l’étude » de la Pastorale des sectes s’apparente plutôt à un assemblage de détractions et de délires propre à alimenter la démangeaison d’hostilité et de rancoeur qui se déverse sur la TFP depuis de nombreuses années. Mais que reproche-t-on à la TFP ? Y a-t-il dans ses écrits et dans sa conduite quelque chose qui soit contre la foi ou les moeurs ? Sa situation canonique est-elle irrégulière ? A-t-elle un comportement illégal ? Non, rien de tout cela. Alors ?
Nous ne pouvons que penser que cette hostilité répétée est dû au fait que les membres de la TFP entendent agir dans la société en tant que catholiques, pour faire barrage à l’idéologie socialiste et communiste, en se faisant l’écho fidèle de la doctrine sociale de l’Eglise en défense de la Tradition, de la Famille et de la Propriété.
Dans ce cas, ce ne serait pas le simple fait de favoriser la piété populaire à travers une campagne de diffusion de la Médaille miraculeuse qui susciterait de tels remous dans certains milieux ecclésiastiques, mais le fait de dénoncer la participation essentielle de certains mouvements de "gauche catholique" dans les mouvements révolutionnaires mondiaux et leur appui dans notre pays au socialisme (voir à ce sujet deux publications de la TFP : "Le double jeu du socialisme français" et "Des catholiques de gauche sans qui le Forum Social mondial serait impossible" in "Le retour de la lutte des classes").
Votre Excellence me permettra sans doute une question :
– Une publication comme « Golias », qui se définit comme « l’empêcheur de croire en rond », qui tire à boulets rouges sur le Saint Père, la Curie romaine et sur tous les dogmes catholiques sans exception, et qui est publiée dans le diocèse de Votre Excellence, a-t-elle fait l’objet d’une « étude » de la part de la Pastorale des sectes et nouvelles croyances ? Sinon, Votre Excellence ne pense-t-elle pas que ce serait là d’une grande utilité pastorale ? Cette étude pourrait être reprise ensuite dans les bulletins diocésains de toute la France et mettre ainsi en garde les fidèles contre les nombreuses erreurs doctrinales que véhicule cette revue.
Sur les différents points abordés dans cette lettre nous aimerions connaître le sentiment de Votre Excellence. Ses réponses seraient sans aucun doute très éclairantes pour le nombreux public auquel s’adresse la TFP.
Par la suite, nous aimerions rencontrer personnellement Votre Excellence afin d’établir un dialogue fructueux, une fois que les légers malentendus créés par « l’étude » auront été écartés.
« Christianus alter Christus », nous pouvons reprendre la phrase de Notre Seigneur adressée au garde qui le souffletait : « Si j’ai mal parlé, montre où est le mal ; mais si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?» (St. Jean, 18, 23).
Dans cette attente et cet espoir, daigne Monseigneur, Votre
Excellence, nous accorder le secours de ses prières, sa
bénédiction, et agréer l’expression de notre
profond respect
Benoît Bemelmans
Président
Copie à Son Excellence Mgr Fortunato Baldelli, Nonce Apostolique.
A suivre... la lettre du Père P. B., chargé de mission de l'Archevêché de Lyon, continuant plus de deux ans après à répandre de fausses informations sur la TFP, feignant d'ignorer la lettre que vous venez de lire.
Pour continuer à accuser
quelqu'un qui a présenté sa défense, il faut
impérativement réfuter celle-ci. Sinon, on refuse un
droit fondamental de la personne humaine.